En 1920, le fondateur de la société Albert Vieille SAS, Marius Laborma, débute son activité en commercialisant des extraits de plantes et fleurs locales telles que la rose, les écorces d’orange bigarade ou encore le jasmin. La production de plantes à parfums est alors à son apogée et Grasse s’honore du titre de capitale mondiale du parfum.

Apprécié pour son parfum suave qui embaume les chaudes nuits d’été, le jasmin est une plante exigeante qui nécessite un entretien régulier. A l’époque de Marius Laborma, les sols étaient labourés à l’aide de chevaux de trait et minutieusement préparés afin que les racines de la plante puissent se développer dans les meilleures conditions. La main experte de l’homme intervenait ensuite dans les différentes étapes du greffage, de la plantation, de la fertilisation, de la taille et du palissage, permettant ainsi à la plante de s’épanouir et de se couvrir de fleurs l’été venu.

La récolte du jasmin s’effectuait de mi-juillet à mi-octobre, période à laquelle les fleurs diffusent toute l’intensité de leur fragrance. Ces dernières, extrêmement fragiles, étaient collectées à la main avec une grande délicatesse, de l’aube à la fin de la matinée, et transformées rapidement en usine. La technique de l’enfleurage à froid était alors très utilisée à Grasse : les fleurs fraîchement cueillies étaient déposées sur une couche de graisse afin que les corps gras absorbent toutes les odeurs avant que les fleurs ne fanent. Les pommades ainsi formées étaient ensuite retraitées à l’alcool pour obtenir la précieuse absolue de jasmin tant appréciée des parfumeurs.