Les techniques d'enfleurage sont ancestrales, mais c'est à partir du 18ème siècle qu'elles se sont généralisées à Grasse. C'est un procédé qui permettait de récupérer les composés odorants de fleurs fraîches et fragiles par un corps gras. Il existait 2 techniques d'enfleurage, à chaud et à froid en fonction du type de fleurs. Il se faisait à chaud pour la rose de mai, la fleur d'oranger et la cassie et à froid pour la tubéreuse et le jasmin.

Pour l'enfleurage à chaud, les fleurs fraîches étaient immergées dans des cuves en cuivre remplies de graisse animale fondu à température de 40-45°C. Au bout de 24 heures, la graisse était récupérée par égouttage sur de grandes passoires puis était réutilisée pour une nouvelle charge de fleurs jusqu'à saturation totale de la graisse en parfum. C'est la graisse saturée que l'on appelle pommade et qui était ensuite retraitée par lavage à l'alcool pour donner de l'absolue.

Pour l'enfleurage à froid, les fleurs étaient déposées tous les jours sur des châssis empâtés de graisse. Il fallait généralement 60 jours pour que les graisses soient saturées en parfum. Ainsi, 25 kilogrammes de fleurs de jasmin permettait de parfumer 1 kilogramme de graisse tandis qu'il ne fallait seulement que 2 kilogrammes de fleurs de tubéreuse.

Aujourd'hui, la technique d'enfleurage sur graisse animale n'est plus pratiquée.